IV-6 Modulecinq

[2. MARQUES DE LA VERITABLE DEVOTION A LA SAINTE VIERGE]

105. Après avoir découvert et condamné les fausses dévotions à
la Sainte Vierge, il faut en peu de mots établir la véritable,
qui est: 1 intérieure; 2 tendre; 3 sainte; 4 constante et
5 désintéressée.

[1. «La vraie dévotion est intérieure»]

106. Premièrement, la vraie dévotion à la Sainte Vierge est
intérieure, c’est-à-dire elle part de l’esprit et du coeur,
elle vient de l’estime qu’on fait de la Sainte Vierge, de la
haute idée qu’on s’est formée de ses grandeurs, de l’amour
qu’on lui porte.

[2. «La vraie dévotion est tendre»]

107. Secondement, elle est tendre, c’est-à-dire pleine de
confiance en la Très Sainte Vierge, comme d’un enfant dans sa
bonne mère. Elle fait qu’une âme recourt à elle en tous ses
besoin de corps et d’esprit, avec beaucoup de simplicité, de
confiance et de tendresse; elle implore l’aide de sa bonne
Mère en tout temps, en tout lieu et en toute chose: dans ses
doutes, pour être redressée; dans ses tentations, pour être
soutenue; dans ses faiblesses, pour être fortifiée; dans ses
chutes, pour être relevée; dans ses découragements, pour être
encouragée; dans ses scrupules, pour en être ôtée; dans ses
croix, travaux et traverses de la vie, pour être consolée.
Enfin, en tous ses maux de corps et d’esprit, Marie est son
recours ordinaire, sans crainte d’importuner cette bonne Mère
et de déplaire à Jésus-Christ.

[3. «La vraie dévotion est sainte»]

108. Troisièmement, la vraie dévotion à la Sainte Vierge est
sainte, c’est-à-dire qu’elle porte une âme à éviter le péché
et imiter les vertus de la Très Sainte Vierge,
particulièrement son humilité profonde, sa foi vive, son
obéissance aveugle, son oraison continuelle, sa mortification
universelle, sa pureté divine, sa charité ardente, sa patience
héroïque, sa douceur angélique et sa sagesse divine. Ce sont
les dix principales vertus de la Très Sainte Vierge.

[4. «La vraie dévotion est constante»]

109. Quatrièmement la vraie dévotion à la Sainte Vierge est
constante, elle affermit une âme dans le bien, et elle la
porte à ne pas quitter facilement ses pratiques de dévotion;
elle la rend courageuse à s’opposer au monde, dans ses modes
et maximes; à la chair, dans ses ennuis et ses passions; au
diable, dans ses tentations; en sorte qu’une personne vraiment
dévote à la Sainte Vierge n’est point changeante, chagrine,
scrupuleuse ni craintive. Ce n’est pas qu’elle ne tombe et